Altermondialistes et écolos : on continue !

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dimanche 9 août 2009

Notre Dame des Landes - par Mylène Stambouli

Quelques problèmes d'ordinateur m'empêchent de vous faire un long compte-rendu mais je reviens de quelques jours à Notre Dame des Landes (je n'étais pas au meeting de vendredi soir mais je pense que nous aurons quelques compte rendu aussi) .

Je dois dire que la délégation du PG et du NPA était très présente sur le campement et dans les débats de la "semaine de résistance" et que j'ai assisté à des débats très riches (sur la planification écologique, la valeur travail, les énergies renouvelables et le capitalisme actuel, etc.. ) Présence aussi d'ATTAC, de militants alternatifs .. Peu de Verts au delà des militants et élus locaux qui suivent le dossier du projet d'aéroport depuis longtemps.

Je suis arrivée lundi pour la rencontre de l'écologie radicale (suite de Miremont et Avignon) rencontre annoncée un peu confidentiellement sur les listes mais qui a réunit les 6 composantes (personne n'a su dire si la ZEP était ou non toujours partie prenante) et au total une cinquantaine de personnes dont les militants de la décroissance ( C.Sunt et JL Pasquinet ) qui se réunissaient en Université d'été. Le PG (à travers Corinne Morel) souhaite intégrer le processus et il a été demandé une validation formelle à travers un accord sur l'appel de Miremont - de même que pour toute nouvelle composante qui souhaiterait intégrer le processus. Les décroissants (voir le monde diplo d'août) sont eux sur un processus de constitution et de fusion de leurs forces ...

Europalter est sollicité , il faudra trouver le cadre d'en discuter ( à Nîmes?)

La journée a été consacrée à une analyse de la situation de l'éclatement de forces se réclamant de l'écologie "radicale" face à une écologie dite d'accompagnement du libéralisme .

Il y a toujours volonté de conserver des liens au delà des divergences lors des échéances électorales (chacun présageant que le scrutin des régionales va à nouveau nous diviser sur trois listes probablement comme aux européennes) entre nous car chacun note l'intérêt qu'il trouve à échanger sur le fond et à développer une parole commune .

Nous avons donc décidé :

- des rencontres et invitations réciproques toute l'année pour approfondir le projet et le contenu (le PG programme un colloque sur l'emploi, les décroissants sur l'habitat collectif, etc.. )

- une participation et une expression commune lors d'actions ou de manifestations (prochains rendez vous Colmar 2/3 octobre pour la fermeture de Fessenheim , initiatives autour du sommet de Copenhague ..)

- le maintien d'un comité de liaison avec composantes (binôme homme-femme) et militants volontaires et une ou deux rencontres annuelles adossées à des rassemblements ...

A votre disposition pour précisions complémentaires ..

Mylène STAMBOULI

Notre Dame des Landes - Intervention de François Dufour

Débat : Comment les politiques prennent en compte l'écologie ? Avec : Corinne Morel-Darleux, François Dufour, Yannick Jadot, J-J Boislaroussie, Rachelle Lafontaine, Christine Poupin, Christian Sunt, Vincent Liegay

François Dufour, invité sur France Culture

Dans l'émission "Sur le banc", animée par Raphäl Yem et Chloé Juhel

Ecoutez en podcast : http://web2.radio-france.fr/chaines...

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Voyage au coeur de la machine - par Karima Delli

Retrouvez les contributions de Karima sur le blog de Libération :

http://ecologie.blogs.liberation.fr/euro-ecolos/2009/07/commissions-voyage-au-cœur-de-la-machine.html

Quatre jours par mois, le bâtiment ultramoderne du Parlement européen à Strasbourg s’anime, avec l’arrivée pour la session plénière des eurodéputés. Sur le reste du mois, une à deux semaines sont consacrées aux commissions permanentes spécialisées et une semaine aux réunions des groupes politiques. Ces sessions et réunions ont lieu, elles, à... Bruxelles! Le parlement européen est une machine aux rouages complexes. J'essaierai sur ce blog d'en découvrir avec vous les modes de fonctionnement...

samedi 8 août 2009

L'altermondialisme plus vivant que jamais ! - Réponse à Jacques Nikonoff

Réponse à Jacques Nikonoff

Par Evelyne Perrin

Il est soit savoureux, soit désopilant, de voir Jacques Nikonoff, qui ne fut pas pour rien dans la crise traversée par ATTAC lorsqu’il en était président, décréter le déclin de l’altermondialisme. Dans sa tribune dans Libération du 7 août, on peut lire que « la galaxie altermondialiste est aujourd’hui dans l’impasse et tourne en rond, au moment où, paradoxalement, la crise légitime son action passée. » Ainsi, il n’existerait plus de grands rassemblements altermondialistes, et aucun Forum social national n’aurait vu le jour en France. Enfin, le mouvement altermondialiste aurait été totalement absent de la campagne des élections européennes.

Que de contre-vérités pour quelqu’un qui prétend au statut de spécialiste de l’altermondialisme ! Il est plaisant de lire ces lignes au moment même où se réunissent à Notre-Dame-des-Landes, pour le Camp Action Climat « une mosaïque d’activistes environnementalistes décidés à en finir avec l’immobilisme des négociations internationales », lit-on dans Libération du même jour. Jacques Nikonoff ne semble pas en avoir été avisé, ni en faire partie.

De même, sans doute est-ce que parce que sa présence y aurait été inaperçue que Jacques Nikonoff ne dit pas un mot du Forum Social Mondial de Belem en janvier 2009, où des milliers d’activistes environnementaux de toute la planète se sont réunis et ont élaboré une quarantaine de résolutions, et où les peuples indigènes de l’Amazonie ont apporté une contribution décisive. Les décisions prises à Belem trouvent une concrétisation en ce moment même sous nos yeux, dans la préparation internationale du Sommet de Copenhague de décembre 2009 dans laquelle sont engagés des mouvements très divers et très larges et toute la composante altermondialiste dont les ATTAC de différents pays. Sans-doute est-ce un signe de déclin ?

ATTAC-France lui-même a su surmonter la crise très grave qu’il a traversée lorsque certains de ses membres(1), dont Jacques Nikonoff, ont voulu le transformer en mouvement politique. ATTAC est ainsi passé de plus de 30 000 adhérents en 2003 à 12 500 l’été 2007, pour se stabiliser depuis autour de 14 000. ATTAC « structure encore une partie non négligeable de l’espace contestataire antilibéral : une quarantaine d’associations, syndicats, fédérations syndicales, journaux et une douzaine de personnes physiques composent le collège des fondateurs.(2) » L’association a joué un rôle essentiel dans la campagne du NON au référendum de 2005 et a pris nettement position pour les listes antilibérales lors des élections européennes de juin 2009. Est-ce là un signe de déclin ?

Jacques Nikonoff fait partie de ces militants associatifs contaminés par le virus politicien et partidaire, qui ne conçoivent de militer dans une association qu’en tant que dirigeant, et qui estiment lorsqu’ils ne le sont plus que ladite association n’existe plus(3). Heureusement pour le mouvement social, de tels comportements sont rares. On y trouve plutôt des talents qui savent se mettre au service du bien commun.

Evelyne PERRIN, membre d’ATTAC, militante d’AC ! et de Stop Précarité, auteur de « La fabrique du nouveau ; crise et renouveau du politique », à paraître.

1 - Certains n’hésitant pas à recourir à la fraude lors des élections de la structure décisionnelle d’ATTAC…

2 - Claude POLIAK, « Attac : aux frontières du champ politique », in Bertrand GEAY et Laurent WILLEMEZ (coord.) , Une gauche de gauche, P aris, Ed. du Croquant, avril 2008, pp. 75-90.

3 - Après avoir contribué puissamment à la crise d’ATTAC, Jacques Nikonoff mis en disgrâce s’est empressé de créer un nouveau mouvement dont il est président, le M’PEP…

vendredi 7 août 2009

Réunion de travail : Finances, emploi et écologie : quelles réponses cohérentes à la crise ?

A l'invitation de

  • Dominique Abada-Simon (Parti Pour La Décroissance)
  • Dominique Brengard (Psychiatre service public)
  • Marie Chaves (CGT Caisse des dépôts)
  • Jacques Cossart (ATTAC)
  • Loïc Daguzan (CGT Banque de France)
  • Jean Desessard (Sénateur)
  • Nicolas Galepides (SUD PTT)
  • Jérôme Gleizes (économiste)
  • Bertrand Piéri (SUPAP-FSU)
  • Jean-Marc Salmon (sociologue)

Vous êtes convié-e à une réunion

le 2 septembre de 15 h 00 à 19 h 00

dans les locaux d’ATTAC à Montreuil (Métro Robespierre) 66-72 rue Marceau, Bâtiment C, 3e étage

Finances, emploi et écologie : quelles réponses cohérentes à la crise ?

Nous vous convions à une réunion de travail le 2 septembre de 15 h 00 à 19 h 00 dans les locaux d’ATTAC avec pour thème de réunion « Finances, emploi et écologie : quelles réponses cohérentes à la crise ? ».

Cette réunion se situe dans le prolongement du premier débat public organisé le 1er juillet au Sénat et consacré aux liens entre finance et écologie dans le cadre de la recherche d'alternatives à la crise globale.

Le débat qui s’est tenu, le 1er juillet au Sénat, a montré qu’il existait une volonté largement partagée de construire le débat et les convergences entre mouvements écologistes et syndicats, en particulier sur la question de l'emploi, des services publics et des scénarios de conversion/transformation écologique que nous pourrions construire ensemble.

Ont émergé 3 grandes propositions que nous devons désormais développer ensemble :

  • S’associer et réfléchir ensemble sur des outils budgétaires, fiscaux et financiers publics au service d'une alternative écologique, et développer un document de propositions communes exposant notre vision des priorités et des instruments de l'investissement public dans cette direction. Le débat budgétaire 2010 pourrait être un moment propice de présentation et de promotion d'un premier travail.
  • Préparer une initiative dans le cadre de Copenhague et du COP15 en décembre 2009 en association avec nos partenaires associatifs et syndicaux
  • Ouvrir début 2010 un travail d'évaluation des propositions existantes relatives à la création d'un Pôle public financier.

Les précédentes réunions nous ont permis de formuler nos attentes et nos objectifs communs, ainsi que les grands termes du débat et des positions des partenaires en présence.

Cette réunion est donc une réunion de travail, non publique, dont les modalités de préparation et de déroulement vous seront communiquées ultérieurement.

Merci de nous indiquer votre intérêt et votre disponibilité pour cette réunion le 2 septembre prochain.

Auprès d'Amélie Canonne, à Attac France

jeudi 6 août 2009

Jean-Francois Grezes

Premier texte de présentation et d'analyse d'un des signataires de l'appel

Militant syndicaliste-révolutionnaire à la Confédération Nationale du Travail depuis trente ans (ancien secrétaire confédéral), militant dans les comités Bové lors de la campagne présidentielle, il était logique dans mon engagement de suivre ce courant de pensées dans EE et je ne fus pas déçu au contraire. La campagne fût très riche de rencontres diverses avec des militant(e)s Verts très ouverts et soucieux de faire avancer nos idées mais aussi avec des personnes proches des idées libertaires ou d’extrême gauche qui souhaitaient passer de la théorie à la pratique.

On peut bien sûr essayer d’analyser le pourcentage d’électeurs arrivant du PS ou d’ailleurs mais si nous avons fait un tel score c’est à cause de notre diversité sans gommer nos convictions, C’est aussi notre présence sur le terrain social car sans le social et l’économie solidaire l’écologie politique ne pourra se développer.

Certains souhaitent une ouverture vers « le centre » moi je préfèrerais un renforcement de notre présence sur le terrain social, auprès des ouvriers qui occupent les usines dans la population et le monde du travail ,

Certains utilisent le mot Ultra Gauche qui est un non-sens soit on est de gauche soit on est de droite revendiquer des conditions de vie et de travail correctes c’est être de gauche, les revendications du PSU à l’époque passeraient pour être proche des courants « Anarcho-Autonomes » mot inventé par le pouvoir sans réalité.

Alors au lieu d’essayer de faire des calculs politiciens si l’on peut débaucher telle ou telle personne du « centre » proposons un programme,

Des solutions pour sauver les entreprises (non pas le patronat) par la création des SCOP, aidons les paysans à s’installer en bio avec des circuits courts pour leurs produits (coopératives, AMAP) et là effectivement on verra avec qui l’on peut travailler (en Charente–Poitou, la Région aide énormément la création de SCOP, c’est une bonne base pour avancer ensemble).

C’est sur notre ouverture d’esprit et de choix de société que nous avons eu cette réussite non pas une ouverture d’appareil ou vers le centre sans être méchant « l’idée d’un banquet républicain» avec les notables de la petite bourgeoisie régionale portant encore le badge de « Bayrou président » pour soutenir notre liste régionale ne m’emballe pas tant que cela.

Soyons sérieux avançons sur nos idées; elles sont complémentaires et ne s’opposent pas, c’est par le débat et nos pratiques que les gens nous rejoindront non pas en mettant un peu de bleu ou d’orange dans nos couleurs (bien que je rajouterai bien un peu de rouge et de noir - je plaisante ).

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mercredi 5 août 2009

Solidarité avec les militant-e-s de l'USTKE

Le collectif solidarité Kanaky appelle à un rassemblement :

JEUDI 6 AOUT à 13h

DEVANT le MINISTERE DES DOM-TOM,

27 rue Oudinot, Paris 7e

pour dénoncer les violences policières et judiciaires contre l'USTKE, pour dénoncer la criminalisation de l'USTKE.

et demander :

- l'arrêt immédiat de la répression policière

- le règlement du conflit air calédonie par la signature du protocole d'accord

- l'arrêt des poursuites judiciaires contre les syndicalistes de l'USTKE

dimanche 2 août 2009

Notre Dame des Landes : 1er-9 Août, Semaine de Résistance

SEMAINE DE RESISTANCE La rolandière à Notre Dame des Landes (44)

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RESISTER, C’EST CREER !

Depuis 40 ans la lutte contre l’aéroport de Notre Dame des Landes regroupe des paysans et des citoyens engagés pour la sauvegarde de la terre nourricière et pour une économie au service de l’homme.

Alors que la question du réchauffement climatique relève de l’urgence et interroge nos modes de vie, de consommation, de production et de distribution, les dirigeants politiques de droite et de gauche décident de passer outre le refus des habitant-e-s et imposent à tous un projet dispendieux, anti-écologique, antisocial et sans avenir.

La résistance n’a pas faiblit depuis 40 ans, ce que prouvent les récentes mobilisations contre les forages avant travaux. Depuis des mois, celles et ceux qui, au-delà de leur propre situation, se battent pour préserver leurs lieux de vie et plus de 2000 ha de terres agricoles, qu’ils refusent de voir stérilisées, se heurtent à la pensée politique du moment : s’agiter et mener des actions sensées nous rassurer sur notre sort d’homo économicus.

Après de multiples manifestations tout au long de l’année, la condamnation de deux opposant-e-s, des actions de sensibilisation et de désobéissance civile, nous appelons à un grand rassemblement pour une Semaine de Résistance du 1er au 9 août 2009.

La résistance et la non coopération ne doivent pas inquiéter, elles expriment la vie dont nous sommes capables et parlent de l’avenir que nous voulons. Des débats, des échanges, des ateliers, des conférences, des projections vidéos sur toute la semaine, peuvent nous aider à cerner les besoins qu’ils nous faut satisfaire ensemble et à se saisir du bien commun à la place du bien tout court.

Articuler les questions écologiques, sociales et politiques en mettant l'accent sur la réappropriation de nos modes de vies et le contrôle du développement économique. Reparler des modes de gestion directe, dans l’action de résistance et dans la vie quotidienne, décoloniser notre imaginaire et s’autoriser à inventer notre futur. Réfléchir sur les espaces, sur les inter relations entre nos actions et nos lieux de vie, sur l’aménagement rural et urbain, sur la déconcentration et de la démassification. Jouer à déconstruire les discours de progrès et de croissance, de technoscience, de privatisation et de marchandisation de tous les aspects de la vie (économique, social, culturel), de remise en cause du quantitatif, de la vitesse et du profit, de la concurrence pour mettre en avant les aspects de coopération et d’association, d’entraide et d’échanges solidaires. Sans prétention, car nous ne voulons parvenir à aucune conclusion péremptoire mais nous donner un temps de co-production d’une réflexion partagée.

La Semaine de Résistance demandera la participation de chacune et chacun aux tâches collectives (portage et construction, cuisines, entretien de l’espace, toilettes sèches). Des cuisines autogérées seront présentes ainsi qu’un espace cuisine où sera mis à disposition du matériel. Les débats/Ateliers/projections se dérouleront dans la journée ; un programme établi sera disponible courant juin ; pour celles et ceux qui le souhaiteraient proposer des activités, discussions, des espaces seront disponibles.

La Semaine de Résistance se décompose en plusieurs temps :

   * Samedi 1er Août :
     DEUXIÈME ÉDITION DU FESTIVAL LE Plancher des Vaches
     Concert À PARTIR de 20 H
   * Dimanche 2 Août :
     9ème Pique-Nique des opposants à 12 H
   * Du 3 au 9 Août :
     CAMP ACTION CLIMAT
     ATELIERS, DÉBATS, CONCERTS, PROJECTIONS
   * Samedi 8 Août :
     MANIFESTATION
     arrivée de l’Alter Tour, action de masse

http://www.resistance-ndl.org/

www.resistance-ndl.org contact@resistance-ndl.org ACIPA : 06 71 00 73 69

Initiative de la Coordination Anti-Aéroport* soutenue par : ATTAC, CIRCA (clowns activistes), Décroissants radicaux, Europe-écologie , Faucheurs et Semeurs volontaires (44), FASTI, Greenpeace, Nouveau Parti anticapitaliste, Objecteurs de croissance, le Parti de Gauche, les Alternatifs, Réseau Action-Climat, Réseau No Pasaran, Utopia…

COORDINATION ANTI-AÉROPORT : ACCV, ACIPA, ADECA, A l’est de l’erdre, ANDE, ATTAC 44-56, BVV, Bretagne Vivante, Collectif anti-marées noires, Confédération Paysanne, FEA, FNAUT, GND, Greenpeace 44, Les Alternatifs 44-56, Les Verts 44, LPO, MALICE, MEI 44, NATUR-ACTION, NATURE AVENIR, NATURE ET PROGRÈS, OBJECTEURS DE CROISSANCE, SDN-L&V, SOLIDARITÉS-ECOLOGIES, SP 2015, VAS, VAT

samedi 1 août 2009

Le départ de Martine, par Jérôme Gleizes

Je ne me réjouis pas du départ de Martine Billard, ni ne considère que son départ annonce la fin de la gauche des Verts. Son choix est le résultat d'une analyse réfléchie avec lequel je suis en désaccord mais qu'il faut respecter. Martine n'a jamais été une opportuniste de la politique comme certains essaient de le faire penser. Ses engagements sont anciens et ancrés dans une histoire personnelle riche que beaucoup ignorent. Je n'irais pas donc chercher dans le passé des éléments d'explication qui ne sont souvent qu'une réécriture de l'histoire. Une telle décision est toujours un processus long et complexe.

Ma dette vis-à-vis de Martine est importante. Je lui ai succédée au Collège exécutif NdR : la direction nationale des Ve... lorsqu'elle est devenue députée après une bataille politique difficile tant en externe (il fallait gagner face à la droite) qu'en interne où la direction de l'époque ne voulait pas d'elle. J'ai vécu avec elle et d'autres, des moments d'ostracisme forts, notamment à l'AG fédérale de Toulouse de 2000 où certains voulaient se débarrasser d'une gauche des Verts trop présente à leur goût, ou à Paris lorsque je fus le seul à gagner un duel dans un vote « tir au pigeon » pour entrer dans l'exécutif alors que nous représentions plus de 40 % des votants.

D'abord, j'aimerais que l'on cesse de galvauder le terme de gauche et faire comme si les clivages s'effaçaient par la magie de l'action publique. Les inégalités n'ont jamais été aussi fortes depuis plus d'un siècle. Les plus pauvres d'entre nous sont les premières victimes des dégâts environnementaux. Les inégalités entre le Nord et le Sud s'accroissent. La société devient de plus en plus violente au profit des plus riches, des plus armés. Ce n'est pas parce que la société du spectacle veut nous faire croire que tout cela est le simple fait de la crise que nous devons oublier qu'il existe des exploiteurs et des exploité-es, des relations de domination. Être de gauche, c'est penser qu'il est possible de lutter contre cet ordre qui semble immuable ou du moins ce que les conservateurs veulent nous faire croire. Le gouvernement actuel est le pire que nous ayons connu depuis longtemps. Il est autoritaire avec une police et une justice de plus en plus à ses ordres ; il est ploutocrate, aidant prioritairement ses financiers et laissant aux autres les « joies» de l'effort individuel pour s'en sortir. Le temps des luttes n'est pas terminé et c'est pour cela que nous devons nous donner les moyens de battre la droite. Cela ne passe pas par taper prioritairement sur nos éventuels alliés. Il ne faut pas prendre des divergences d'analyse pour des oppositions politiques.

Les critiques de Martine ne sont pas infondées mais la réponse qu'elle apporte en voulant écologiser le parti de gauche ne me paraît pas être la bonne stratégie au regard de notre objectif d'imposer l'écologie politique comme force dominante au sein de la gauche. Il est juste de dire que les questions sociales sont souvent « externalisées » à la gauche dite des Verts et peu souvent considérées comme un axe stratégique politique majeur. La question sociale est clairement exprimée dans nos programmes mais la mise en œuvre de nos propositions bute sur notre faible représentation dans le monde du travail et parmi les syndicats. Il ne suffit pas de parler d'antiproductivisme pour que celui-ci devienne idée hégémonique dans la société. En même temps, nous avons la difficulté de ne pas avoir une force syndicale capable comme dans les années 70 avec la CFDT de faire des projets de sortie du nucléaire ou de conversion des industries de l'armement du point de vue des salariés.

Nous manquons de relais institutionnels dans le monde du travail, les syndicats, dans les associations, dans les administrations … car pour beaucoup de Verts le seul débouché politique est souvent d'être élu au lieu d'occuper tous les lieux de pouvoirs. Mais cette sur-représentation des élus est une conséquence de nos scores électoraux élevés au regard de notre nombre de militants, plus qu'une « stratégie d'appareil » délibérée comme pour le PRG. Une diminution du score comme lors des municipales à Paris nous ramène rapidement à des prétentions plus modérées !

Par contre, il est vrai que « le faire politique autrement » perd de sa crédibilité avec une augmentation du cumul de mandats, une personnalisation accrue de la représentation politique, une harmonisation des statuts au bénéfice de majorités « dites » stables. Mais cela reste une tension permanente dans toute organisation entre soucis d'efficacité et soucis démocratique. Néanmoins, seuls les Verts sont capables aujourd'hui de laisser leur chance à une secrétaire nationale comme Cécile Duflot ou faire élire des députées européennes comme Karima Delli ou Malika Benarab Attou . Il est important de maintenir cette tension sans sombrer dans le pragmatisme.

Là, où je suis en désaccord avec Martine, c'est sur la stratégie entre construire une force de l'écologie politique et un parti de gauche capable d'en finir avec l'hégémonie du parti socialiste en France car les deux forces ont vocation à devenir majoritaire au sein de la gauche. Le rapport à la politique et le clivage gauche/droite ne se mesure pas uniquement à l'aune du nombre de militants actifs et à notre relation avec le monde du travail. Il se mesure aussi à travers les questions sociétales, le rapport à la Nation, à la laïcité, à la réal-politique internationale... Car s'il est vrai que le discours de Mélenchon a évolué sur les questions écologiques, bien plus que chez Besancenot, il n'en demeure pas moins que nous avons d'autres points de divergences et que le parti de gauche doit encore faire ses preuves sur l'écologie.

Il est dommage qu'à un moment où l'écologie politique se renforce sur son aile gauche avec l'arrivée de José Bové mais aussi de Yannick Jadot qui a été un des grands organisateurs des actions militantes de greenpeace, d'autres nous quittent sur les seuls discours de Dany Cohn-Bendit comme s'il était l'axe central du rassemblement. Il est certes une pièce importante mais contrairement à 1999, il n'est pas seul et la réussite électorale des élections européennes n'a pu être aussi importante qu'avec l'apport de José Bové, d'Éva Joly, de François Alfonsi, de Sandrine Bélier... La différence entre 16 et 10 % tient à cela et ce n'est pas à amoindrir.

Dany peut être agaçant mais son discours n'est plus celui de la troisième gauche verte auquel nous nous opposions lors des journées d'été de Lorient. Il fait référence à l'histoire du monde ouvrier et nous inscrit ainsi dans l'histoire de la gauche. Le discours et le programme d'Europe Ecologie n'est pas celui d'une écologie libérale. Il y a certes encore des points de débats et de divergences avec les grünens mais Die Linke est aussi loin d'avoir autant écologisé son discours que le parti de gauche.

Cela étant dit et les choix étant faits, même si on peut les regretter, j'aimerais maintenant que nous ne trompions pas d'adversaire comme nous l'avons fait lors des élections européennes en mettant en avant notre projet, en continuant à le construire et à le mettre en œuvre, plutôt que lancer des anathèmes entre nous qui ne font que le jeu de la droite sarkoziste. La crise est suffisamment profonde pour que nous centrons nos forces sur la sortie de crise, cela signifie que nous ne devons pas agir uniquement lors des élections. Le temps démocratique est un temps long pour inverser les tendances politiques avec de nombreux soubresauts comme l'a montré l'opposition social-démocratie/parti communiste en France. Mais l'ampleur de la crise nous place dans d'autres perspectives et un dilemme bien plus important qu'André Gorz a résumé à « civilisation ou barbarie ».

Nos chemins divergent ici mais ils se croiseront sans doute à nouveau.

Jérôme Gleizes

Nîmes : Journées d'Ete des Verts et des Ecologistes

Nous vous donnons rendez-vous à Nîmes pour les Journées d'Ete des Verts et du Rassemblement des Ecologistes. Plus de détails sur : http://jde.lesverts.fr

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