EUROPALTER
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La force et l’attractivité d’Europe Écologie résident dans la diversité de
celles et ceux qu’elle rassemble, dans la liberté qu’ils ont de leur degré
d’investissement, dans la possibilité qu’ils ont de ne pas en faire forcément
leur seul militantisme, ni même leur militantisme principal, dans la force, la
cohérence et l’évolutivité du projet qu’ils partagent et qu’ils contribuent
chacun à sa façon à enrichir.
Rappelons quelques faits. Le succès de l'élection européenne, confirmé par
les élections régionales a succédé à l'échec de l'élection présidentielle et du
Grenelle de l'environnement. L'aventure Europe Écologie est la convergence des
écologies partidaires, associatives et mouvementistes. Elle a pu ainsi
permettre le rassemblement des familles écologistes, de leurs approches et
conceptions. Le succès n'a pu se faire que par le respect de ces singularités,
des différents parcours personnels et pratiques militantes, par cette
diversité, perçue comme le terreau crédible à une alternative. Cette
convergence s'est faite par la nécessité politique de répondre aux urgences, et
le succès électoral n'a été possible que grâce à l'adéquation entre un projet,
celui de l'écologie politique et une attente, celle de la société. Cette
attente n'est pas un vote par procuration mais l'espoir que les écologistes
puissent transformer la Politique et agir sur la société. Elle continuera à
progresser tant qu'elle ne sera pas satisfaite et tant que cette espérance ne
sera pas perdue. Tant que nous ne sommes pas en position de gérer des exécutifs
et donc de mettre en pratique institutionnellement notre projet, nous devons
maintenir cet espoir dans nos actes et nos pratiques militantes sinon le
potentiel électoral reviendra à son étiage.
Pour les écologistes, les fins sont dans les moyens. Il ne peut y avoir de
contradiction entre nos valeurs, notre projet et son application à notre propre
structure. Les écologistes bénéficient d'une bonne popularité, notamment les
Verts1 mais pour autant cela ne suffit pas pour gagner des élections. A
contrario, progresser électoralement ne signifie pas que l'on abandonne nos
valeurs comme le non cumul, la non professionnalisation de la politique,
l'éthique, la responsabilité... Nous devons maintenir cette tension entre les
moyens, et les fins et en cela les déclarations de certaines personnalités EE
sont plutôt inopportunes. Nous devons mettre fin à l'actuelle dérive
oligarchique de EE, en reprenant la critique de Castoriadis sur les oligarchies
déguisées que sont nos démocraties. Cependant, aujourd'hui, un autre risque est
en train d'apparaître, la transformation des moyens en fins. EE se perd en
conjectures sur l'organisation, oubliant ses valeurs et le projet. Les
électeurs nous attendent certes sur la manière dont nous allons nous organiser
et fonctionner mais encore plus sur comment nous allons répondre aux crises, à
la question des retraites, des inégalités, de la précarité...
Ces constats impliquent d’abord que la forme pérenne d’Europe Écologie ne
peut pas être celle d’un nouveau parti politique traditionnel, qui finirait
fatalement par ressembler aux anciens, avec les clivages artificiels, les
luttes de chapelles, sans contenu politique, qui éloignent tant de citoyennes
et de citoyens. Ce modèle ne correspond pas aux aspirations de la plupart de
celles et ceux qui sont venu-es depuis un an (et dont beaucoup ne manqueraient
pas, alors, de repartir). L’engagement dans Europe Écologie est libre et
compatible avec d’autres engagements. Il est souhaitable qu’on puisse s’y
rassembler avec ou sans une diversité d’engagements associatifs, politiques,
syndicaux… La pluralité d’appartenance doit y être la bienvenue, y compris à
des membres de partis politiques pourvu que chacun adhère aux valeurs et au
projet Europe Écologie. Cette pluralité est déjà une réalité avec Régions et
Peuples Solidaires, des militants de la FASE, du MEI, de CAP21, du Mouvement
des Objecteurs de Croissance... Elle doit être maintenue, au moins dans une
phase transitoire. C’est donc un grand mouvement de l’écologie politique que
nous sommes en train de créer, avec des règles et des procédures, auquel on
adhère par une cotisation (au moins proportionnelle au revenu), par l’adhésion
signée aux valeurs communes, - et où une personne = une voix pour le choix des
candidats aux élections. En retour, le mouvement s’engage à donner des comptes
financiers (résultat, bilan…) pour assurer une transparence financière. Cette
coopérative/fédération/parti, pas de fétichisme dans les mots, restera
attractive à condition de s’ouvrir résolument à la société, aux mouvements
sociaux, aux enjeux sociétaux contemporains afin de pouvoir continuer à penser
la transformation écologique et à actualiser son projet.
C'est quoi un parti au 21ème siècle ? Pratiques militantes (non
cumul, exemplarité...) ? :
A-- Un mouvement qui ressemble à la société que nous voulons dans sa
forme :
1- Préserver/créer des pratiques démocratiques: non cumul des mandats,
respect des minorités, recherche du consensus, fédéralisme et régionalisme,
principe de subsidiarité et refus du centralisme, diversité, parité et
proportionnelle, séparation du législatif ("parlement" du mouvement) et de
l'exécutif, refus d'une professionnalisation excessive de la politique qui met
à mal l'indépendance de décision du mouvement. Il est ainsi important d'éviter
le " centralisme démocratique " où l’organisation est telle que le " centre "
prend toutes les décisions et ne consulte la base que de manière plus ou moins
formelle et rituelle, ce qui est la situation actuelle d’Europe Écologie.
2- Soutenir la multi appartenance dans la phase transitoire car parmi les
priorités, il y a l’ouverture et le rassemblement.
3- Créer une forme hybride et mixte Coopérative/Fédération, période
transitoire qui permette un droit à l'expérimentation (vote préférentiel,
tirage au sort, conférence de consensus...), pour ne pas se reconstituer en
parti pendant que la réflexion court encore sur les avatars de la "forme
parti" ; et aussi pour respecter l’état des forces en présence et faire
vivre le souci d’élargissement et de rassemblement.
4- Créer une structure à plusieurs entrées, militante, territoriale,
thématique, politique...
B-- Créer une formation qui prône clairement le dépassement du
capitalisme :
4- Cet anticapitalisme n'est pas celui de la gauche traditionnelle, de la
propriété des moyens de production mais de la critique de l'accumulation du
capital pour le capital (le productivisme). D'ailleurs selon l'étude de
François Miquet-Marty, « 30 % des membres de EE se déclarent « très proches » des idées anticapitalistes
et 95 % « proches ». »2 Le système capitaliste est aujourd'hui plus ou
moins consciemment perçu comme incapable de répondre aux crises. La croissance
ne permet plus depuis plusieurs décennies de réduire le chômage et les
inégalités. Les crises écologiques sont la cause directe de notre mode de
développement. À ce titre, nous n'avons pas à être timorés sur les critiques du
système capitaliste, notamment sur les questions de réappropriation citoyenne
des biens communs, de services publics et de moyens de production., de
décroissance de notre empreinte écologique.
5- L'écologie politique s'inscrit dans la continuité historique des
mouvements d'émancipation. Nous nous reconnaissons dans les conquêtes sociales
du 19ème et du 20ème siècles. Ces conquêtes sont aujourd'hui remises en cause
tant par un mode de développement en crise que par des personnes qui veulent
garder leur position de domination et leurs privilèges, à tout prix y compris
par la violence. Si l'écologie peut paraître répondre aux attentes d'une
majorité, elle est aussi un danger pour une minorité qui ne veut pas sacrifier
son mode de vie.3 Cette tension entre une minorité puissante et la majorité met
en danger la démocratie.
6- L'écologie politique lutte contre toutes les formes de domination et
d'exploitation, notamment le patriarcat, l'idéologie productiviste et/ou
scientiste, l'aliénation par le travail ou par la consommation, le racisme...
Elle vise à permettre l'autonomie de toutes et tous, c'est-à-dire donner à
chacune et chacun les moyens d'avoir la maîtrise de son devenir.
Financement et aspects juridiques d'un parti aujourd'hui ?
L'interaction, les liens avec le mouvement social ?
A-- Une organisation clairement identifiable, et respectueuse des
parcours de tous ses membres. Il faut créer une
« Coopérative » de l’écologie politique, nommée Europe Écologie/ Les
Verts (pour garder la mémoire des deux noms), ouverte aussi bien aux
organisations politiques qu’aux individus adhérant à un ensemble de valeurs et
d’objectifs : rejet du productivisme, combat contre le nucléaire, remise
en cause du libéralisme économique et combat contre les injustices sociales,
défense de la biodiversité, valeur émancipatrice du féminisme, égalité des
droits, non violence et respect des minorités, fédéralisme, solidarité et
partage des richesses, politique autrement (non cumul, parité,
proportionnelle...). Une démocratie tient compte de la diversité (portant sur
d’innombrables plans de la vie et sur la personnalité de chacun-e).
B-- Une organisation favorisant l’unité du camp
populaire.
La lutte contre l’abstention est un enjeu central. La priorité n’est pas
d'être uniquement scandée par les rythmes électoraux.
1- Pour ce faire, l'ancrage local est favorisé grâce à un travail avec les
différents acteurs, une réflexion et une élaboration de projets avec les
différents secteurs de la population. Il s'agit de sortir de l'espoir du grand
soir électoral où les élu-es vont tout résoudre pour leurs « administrés
». Transformer nos modes de production, de consommation, passe autant par
toutes les initiatives d'auto-organisation, « ici et maintenant » que
par les élections.
2- Faciliter le fonctionnement des structures locales grâce à un soutien
technique, militant, une péréquation financière pour permettre la construction
de collectifs de base et assurer les campagnes de terrain.
Modalités d'organisation et territorialité
__A-- Rédaction d'une charte de valeurs communes dans la continuité de la
charte des Verts mondiaux, élaborée à Canberra en 2001.__
La nouvelle organisation se dote d’une charte de valeurs communes qui
rappellent les valeurs de l’écologie politique.
B-- Création d'une instance délibérative nationale, d'un
"parlement", paritaire.
1- l'instance nationale
Cette coopérative est dirigée par une instance délibérative nationale
(« parlement ») composée
- des représentant-es élu-es des organisations adhérentes ;
- des représentant-es des adhérent-es directs ;
- des représentant-es des instances instituées au plan régional ;
- des représentant-es des commissions thématiques instituées pour le projet
collectif ;
- d'un collège d'adhérent-es tiré-es au sort parmi celles et ceux vérifiant
les conditions d’ancienneté de 3 mois d’adhésion en 2010- 2011, puis ensuite un
an d’adhésion.
Les représentant-es des deux premières composantes sont en nombre
proportionnel aux personnes représentées et constituent les 4/7 de l’instance.
Les représentant-es des deux composantes suivantes sont en nombre fixe (celui
des régions et celui des commissions) et représentent 2/7 de l’instance. Le
collège d'adhérent-es tiré-es au sort représente 1/7 de l'instance.
Il est possible d'avoir des organisations ayant le statut d'observateur dans
l'attente d'une position d'intégration de leur part.
Ce parlement d’Europe Écologie est renouvelé tous les deux ans. Ses membres
sont élu-es selon la méthode d'Hondt par chacune de ses composantes (chaque
organisation adhérente élit ses représentant-es, les adhérents directs élisent
leurs représentant-es, chaque région élit ses représentant-es, chaque
commission les siens.) Le Parlement prend ses décisions à une majorité
qualifiée de 60 %. Il élit chaque année un exécutif qui ne peut excéder 10 % de
ses membres.
2- Les instances régionales
Europe Écologie reste fidèle aux valeurs fédérales. Son organisation ne
reflète pas forcement les frontières géographiques administratives
françaises.
Les instances régionales sont composées sur le même modèle que la
coopérative nationale. Elles comportent :
- des représentant-es des organisations adhérentes ;
- des représentant-es des adhérent-es directs ;
- des représentant-es des comités locaux ;
- des représentant-es de commissions thématiques Projet ;
- un collège de 10% d'adhérent-es tiré-es au sort parmi celles et ceux,
vérifiant les conditions d’ancienneté de 3 mois d’adhésion en 2010- 2011, puis
ensuite un an d’adhésion.
Ces instances sont élues pour deux ans. Elles se dotent d’un exécutif.
3- Les comités locaux
Les comités locaux Europe Écologie sont les composantes de base de la
coopérative et le lieu principal de son action. Ils doivent se doter d’une
charte de fonctionnement. En cas de conflit, il doit y avoir une possibilité de
saisie de la commission des sages régionale.
4- Le fonctionnement
Les membres des organisations adhérentes et les adhérents individuels ont
seuls le droit de vote aux Assemblées Générales de la coopérative. Les
décisions des AG sont prises sur le principe : 1 personne/1 voix et la
majorité qualifiée de 60 %.
Les décisions d’Europe Écologie concernant la stratégie et notamment les
élections externes sont prises, sur le principe de la subsidiarité, en
Assemblée Générale des adhérents.
Les AG sont décentralisées sur une base de cohérence territoriale. Elles
doivent respecter les principes énoncés dans les statuts : respect des
minorités, non-cumul, parité.
Lorsque des arbitrages sont nécessaires pour assurer ces principes généraux,
et uniquement dans ce cas, c’est le niveau géographique immédiatement supérieur
qui les assure, dans le meilleur respect possible du choix des adhérents
directement concernés.
C-- Création d'une commission des sages
Il existe, au niveau national et dans chaque région, une « Commission
des sages » chargée de veiller au respect des statuts et des principes
(subsidiarité, non-cumul, parité), et à la résolution nonviolente d’éventuels
conflits. Un arbitrage doit être fait entre valeurs et règles avec une approche
qui privilégierait les valeurs sur les règles pour éviter les travers
procéduriers et formels. Les membres de cette commission sont tirés au sort
parmi un vivier de volontaires. Pour faire parti de ce vivier sont
appliquées : les conditions d’ancienneté (3 mois d’adhésion en 2010-2011
puis un an d'ancienneté), de disponibilité (pas de responsabilités nationales
ou d’exécutif), de régularité (à jour de cotisation, etc). Les membres tirés au
sort doivent être ratifiés par un vote du parlement (national) ou de l’instance
régionale concernée.
D-- Création d'un réseau Europe Écologie
1- Le réseau Il est créé d’autre part un "réseau Europe Écologie", ou plus
précisément un réseau de réseaux, ouvert aux individus, comme aux mouvements
associatifs, syndicaux et autres collectifs. Il est chargé de fidéliser les
sympathisants. Ce réseau peut être un ensemble d'associations géographiques
et/ou thématiques sur la manière du réseau des éco-syndicalistes ou des
écologeeks.
2- Cette association (avec cotisation annuelle modeste et budget spécifique)
a pour vocation de participer à l’élaboration du projet écologiste et de
soutenir l’action d’Europe Écologie. Ses membres participent de plein droit aux
commissions thématiques mise en place par la coopérative et consacrées au
projet d’Europe Écologie. Ils peuvent se porter candidats à la candidature aux
élections externes au même titre et dans les mêmes conditions que les adhérents
de la coopérative (mais seuls ces derniers votent aux niveaux concernés).
3- Il se constitue un réseau avec différents niveaux d’engagement (mais des
objectifs communs négociés, actés, et pourvus de mécanismes de vérification de
leur réalisation), avec toutes sortes de regroupements de citoyens à buts
autres que la simple défense d’intérêts particuliers (y compris des
regroupements d’entreprises, des coopératives poursuivant des buts autres que
commerciaux), des projets regroupant diverses compétences pour des réalisations
bénéficiant à diverses catégories de population ou à l’ensemble des citoyens,
des établissements culturels, scientifiques, sociaux, des associations. Chaque
réseau peut inclure un comité d’animation politique, sorte de comité de suivi,
avec des membres " internes " et " externes ", doté d’une large autonomie, dans
le cadre des buts généraux recherchés, en cohérence avec les alliances
politiques contractées. Non seulement cette autonomie est nécessaire, mais en
outre, il serait illusoire d’établir des actions qui ne bénéficieraient pas aux
citoyens. Autrement, il ne s’agirait que d’inféoder ces organisations au parti.
Or celui-ci fournit une plus-value gratuite de mise en contact de réseaux et de
compétences, en matière de communication et de reconnaissance sociale. En
définitive, c’est l’organisation citoyenne qui juge l’intérêt de ce lien, et
qui peut l’étendre. Si ces relations doivent donner des résultats conformes aux
engagements pris, leur but est surtout d’établir une connexion directe avec la
société civile, en recueillant l’intelligence collective, en dynamisant toutes
sortes de capacités, en faisant aboutir des projets émanant de la société
civile. Cette mise en réseau avec la société civile, et en particulier, avec sa
partie la plus active, devrait accélérer la rotation des responsables
politiques et de tous les postes à responsabilité. En effet, en ouvrant
l’espace politique à tous les citoyens, le cumul des mandats et les " carrières
politiques " commencent à perdre de leur sens. Ce réseau ne se limite pas à
établir des canaux de liaison avec diverses organisations de la société civile.
Il est aussi le " lieu ", le point de départ d’une réflexion sur les modes de
rencontre, de confrontation critique et de coopération possible des différents
réseaux et organisations. Dans un premier temps, il s’agit d’une démarche "
étoilée " (les " ponts " convergent de la société civile vers le parti). Puis,
il s’agit de susciter des rapports " horizontaux " entre organisations
citoyennes audelà de ce qui peut dériver de la simple poursuite de leurs buts.
Cette action du réseau serait en quelque sorte le premier cercle d’un ensemble
de cercles concentriques (selon le degré d’engagement). Le dernier cercle se "
perd " au sein de la société civile, c’est-à-dire que les retombées de son
action ne sont pas évaluables dans le bilan d’activité d’un parti. Les États
Généraux de L’Emploi et de l’Écologie pourraient être le premier lieu
d’expérimentation de ce type de réseau. Ce réseau peut prendre aussi la forme
d’organisations formelles sous forme coopérative, comme un cabinet de
recrutement, des bureaux d’études,… Ce réseau peut prendre aussi la forme de
groupes informels comme par exemple « Sauvons les riches ».
4- Ce réseau peut localement s'instituer dans des maisons de l'Écologie ou
des Parlements régionaux de l'Écologie ou Agoras de l'écologie.
E-- Europe Écologie se dote d'une fondation de l'écologie politique
autonome et pluraliste.
Il est important de se doter d'un outil de production théorique mais aussi
d'expertise et d'analyse des pratiques. Cette fondation est aussi un lieu pour
mettre en place des outils de formation des militant-es. Les partis ne sont
plus aujourd’hui suffisamment des lieux de création politique mais des lieux
d’enregistrement de projets politiques externes. En conséquence, les réseaux et
les lobbies quels qu’ils soient, occupent une place prépondérante. Un tel
éclatement a pour conséquence la pénurie de projet politique global, les partis
n’étant plus alors porteurs d’une idéologie mais d’idées désarticulées.
F-- Une fédération des élu-es
Europe Écologie doit se doter d'une seule association des élu-es ainsi que
de formation des élu-es qui fonctionne sur les mêmes principes que les autres
organisations de la galaxie Europe Écologie.
G-- La dimension européenne et internationale
En 10 ans, d’un mouvement d’opposition à Seattle nous sommes passés à un
mouvement de proposition à Copenhague. L'alter-mondialisme s'impose sur la
scène internationale comme force politique propositionnelle. Europe
Écologie/Les Verts avec les écologistes français de l’étranger doivent être
moteur de cette dynamique en oeuvrant immédiatement dans le cadre du Parti Vert
Européen et la fédération des Verts mondiaux pour le rapprochement et
l'inter-organisation pérenne au plan Européen et aussi au plan international de
toutes les formations politiques, syndicales et associatives partageant nos
valeurs politiques, sociales et écologistes ainsi que de tous les réseaux
sociaux et altermondialistes comme Climate Justice Now, Cochabamba, Attac, Via
Campesina, Amis de la Terre...
H-- La construction du projet écologiste Toute organisation
politique se définit d’abord par son projet politique. L’élaboration de
celui-ci est donc une phase importante de la constitution d’une mouvement
Europe Écologie/Les Verts. Pour cela, il faut s’appuyer sur les commissions
thématiques dont des représentants sont membres de droit de l’instance
nationale, la fondation de l’écologie politique qui doit alimenter le projet,
le réseau Europe Écologie. Comme nous le préconisons pour l'ensemble de la
société, un projet écologiste n'est pas un projet clef en main, imposé. C'est
un projet en construction permanente, partant d'un ensemble de valeurs, discuté
avec la société, avec un programme et une stratégie de mise en oeuvre. Un
premier texte d’orientation devra être voté aux Assises.
Les Modes de désignation des candidats aux élections
A-- Soutenons la possibilité d'un tirage au sort final entre les derniers
candidats à la candidature restant en lice après validation par les
instances/assemblées collectives appropriées.
B-- L’élection du président de la République au suffrage universel et la
concentration de pouvoirs en ses mains est la marque de la Ve république, dont
nous critiquons fondamentalement le fonctionnement mais compte tenu de
l’importance du débat politique à cette occasion, il doit y avoir un candidat
de l'écologie politique. Une primaire de l'écologie politique est nécessaire
pour départager les candidatures possibles. La campagne présidentielle doit
porter également sur la nécessité de changer de constitution et d'en finir avec
ce régime présidentiel.
Le périmètre du Rassemblement
A-- Ce sont les valeurs définies dans le préambule qui en caractérisent le
contour.
B-- Selon le principe de subsidiarité, les candidatures aux élections
externes sont décidées par les adhérents du niveau directement concerné par
l’élection.
Organisation des Assises constituantes
Mettre en oeuvre nos principes
1- La conférence de consensus doit être un temps fort de la préparation des
assises. Pour cela, elle est organisée selon les normes, avec un vrai tirage au
sort des membres de la conférence, des personnes extérieures au processus
capable de présenter objectivement les différentes formes d'organisation et
d'organiser le consensus et le « dissensus fécond ».
2- Une étape du mouvement constituant Europe Écologie est depuis sa création
un processus constituant permanent. Les assises doivent s'inscrire dans ce
mouvement long sans s'ossifier dans une structure. Un texte d’orientation et
une charte des valeurs doivent être rédigés dans cette phase transitoire.
3- Le vote
Comme nous le refusons pour les élections normales, pour des raisons de
sécurité, il ne peut être possible d'utiliser le vote électronique. De plus, la
délibération politique nécessite l’échange et la confrontation.
Le vote ne peut non plus être réservé aux seules personnes capables de se
rendre physiquement à Lyon pour les Assises. Nous recommandons en priorité la
tenue d'Assemblées territoriales où seraient élu-es des délégué-es pour les
Assises, sur la base de textes d'orientation, présentés en amont.
Ce dispositif peut être complété par un référendum (papier par voie postale)
si c'est nécessaire.
Premiers signataires au 12 août 2010 :
Françoise Alamartine, Martine Alcorta, Marie-Elisabeth Allaire, Roseline
Amelot, Sylvette Amestoy, Marie Aoustin, Gilles Bénard, David Berly, Jorge
Bocanegra, Julien Bonnet,
Mohamed Bougafer, Alima Boumediene-Théry, Michel Bourgain, Jacques Boutault,
Priscilla Cassez, Yves Chagneau, Philippe Chemla, Armelle Chevassu, Pierre
Christophe, Françoise Coineau,
Daniel Compère, Yves Contassot, Laurent Coumel, Benoît de Cornulier,
Emmanuelle Cosse, Jean- Marc Delaunay, Karima Delli, Olwen Denes, Didier
Delpeyrou, Daniel Deriot,
Pascal Desclaux, Manuel Domergue, Patrick Farbiaz, Jean-Luc Fauche,
Lucie-Térèse Faure, Christian Flejszerowicz, Jérôme Gleizes, Thomas Giry,
Jean-Marie Goater, Denis Grandjean,
Claire Grover, Alain Gruenais, Jacqueline Guénin, Monique Guittenit, Michel
Hamon, Monique Hamon, Isabelle Haye, Marie Isabelle Heck, Cécilia Joxe,
Patricia Kokosynski,
Jean Lafont, Annie Lahmer, Mourad Laoues, Marc Lasaygues, Zine Lassoued,
Yannick Lavenne, Noëlle le Maulf, Martine Lebranchu, Julien Lecaille, Gilles
Lemaire,
Xavier Lhomme, François Lotteau, Élise Lowy, Paul Lowy, Zine-Eddine M’Jati,
Georges Magnier, François Maillard, Claire Mallard, Olivier Marouzé,
Abderrahmane Marzouki,
Laurence Mermet, Florent Mignot, Laurent Moccozet, Déborah Mortali, Daniel
Mosmant, Dany Neveu, Hélène Peccolo, Jocelyne Pellet, Bernard Péré, Patrick
Petitjean,
Renée Alice Poussard, Annette Rimbert, Serge Rivret, Carlos Salbany, Eros
Sana, Lucia Scalzone- Martini, Jean-Yves Schneider, Marie-Claire Robin, Marie
Robin, Fabien Selo,
Eric Sicard, Baptiste Simon, Pierre Stoeber, Frédéric Supiot, Jean-Marc
Tagliaferri, Mireille Teule, Geneviève Thiébaut, Yvan Tricart, Pierre Turon,
Marie-Claude Vallet,
Pierrick Vaugon, Kristina Wagner, Michel Wilson, Muttiah Yogananthan.
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